30 mars 2006

La routine...

En ce moment, niveau taf, on ne peut pas dire que ce soit la motivation qui m'étouffe! Sûrement pour ça aussi que j'aurai besoin d'une grue pour me tirer du lit... Et ce matin, à 8h30 pétante, oh joie! oh bonheur! : réunion du personnel!

Pas moyen d'y échapper, à moins de se déclarer malade, mais ce serait quand même moyen moyen! Je savais déjà en me couchant hier que j'allais me reveiller trop tard pour y être à l'heure... Ca n'était pas mon envie d'y aller qui allait faire que j'allais être sur le qui-vive aux aurores! Bingo, mon réveil sonnait depuis une heure, et je fut sorti de ma torpeur par la sonnerie du centre  à 8h23!(pour ceux qui n'ont pas lu mon premier post sur mon job, je m'occupe d'un centre d'hébergement d'urgence) Vous conviendrez que ça laisse peu de marge pour prendre une douche, 10 cafés, fermer le centre, et aller tout guilleret à cette réunion!

Aux alentours de 8h24, j'apparait à la fenêtre, me demandant s'il leur manquait du café pour mettre sur le sucre, ou du sucre pour mettre dans le café. Que nenni! Un des types me dit : "y a machin là, le type, qui est en train de faire un malaise, il a pas l'air bien du tout!" Adieu la douche, les cafés, et le fait d'arriver pas trop en retard a cette foutue réunion!

Me voilà en bas, et effectivement, le gars, il va pas bien du tout du tout! Allongé par terre, ne réagissant plus bien qu'ayant les yeux ouverts et étant conscient. Je ne suis pas médecin, mais ça ressemblait fort à une petite crise d'épilepsie! Hop hop hop, appel des pompiers et attente de ces derniers auprès du gars, en plein crise... Chose surréaliste, un autre hébergé, juste à coté, est en train de préparer ses affaires pour la journée, pliant ses autres fringues dans son sac, sans un mot, sans un regard pour le pauvre gars allongé nu par terre avec juste une couverture sur lui, histoire de le protéger du froid et de l'indécence. Pendant que le gars d'à coté ne semble se rendre compte de rien, je constate que mon épileptique a du commencer sa crise dans son lit, à se laisser aller comme on dit, vu l'état des draps, pour finir de se relacher completement une fois au sol, vu l'odeur qui me monte au nez...

Et les pompiers dont on a entendu la sirène qui n'arrivent toujours pas... Et la réunion au fait? ben je ne suis pas faché de ne pas y être encore, mais arrivé avec une demi-heure de retard, je n'aime pas vraiment ça! Et l'autre qui plie, imperturbable, ses petites affaires...

Le gars était tellement mal que les pompiers ont commencé les soins sur place, ont appelé des médecin du SAMU, et sont restés une bonne heure à ses cotés, masque à oxygène, valium, et j'en passe... Pour me laisser seul au milieu du centre avec les dégats de mon pauvre gars à nettoyer, un petit 1/4h avant la fin de la réunion maudite...

Ben c'etait pas drôle, je m'en serai bien passé, mais je me suis senti bien plus utile et à ma place à faire mon job qu'à aller écouter les conneries de mon boss, les doléances de mes collègues, dans cette ambiance pourrie qui règne dans le service... Merci à mon epileptique d'avoir choisi ce matin pour me refaire une crise. Ah oui, j'oubliais... c'est le deuxième séjour de suite qu'il me fait le coup ce coquin!

 

Epilogue :

Je remonte chez moi appeler le SAO (Service d'Accueil et d'Orientation) pour les informer du nombre de places que j'aurai de disponibles pour le soir. Je lui signale que je garde la place de mon malheureux malade au cas où ils le laissent sortir de l'hopital dans la soirée. Et là, elle me dit : "aah c'est ça??? on a reçu un coup de fil de Monsieur X (le plieur de fringues) qui nous a dit "hier soir, un monsieur était ivre au centre d'hébergement. Et ce matin, il est mort""

oui oui, j'héberge des mecs bizarres parfois...

Bilan :

Ni mon malade ni mon plieur de fringues ne sont revenus ce soir... Sûrment pas pour les mêmes raisons!

 

Commentaires

Ben dis donc....sacré réveil! Ton travail est certainement aussi riche que étonnant parfois.
Tu sais s'il va mieux ton épileptique?

Ecrit par : BA | 31 mars 2006

pinaise...
ça abime, la rue, quand-même.
le plieur de fringues a dû en voir de drôles pour ne pas être perturbé par ce qu'il pensait être le décés de l'épileptique... je n'ose même pas imaginer.

Ecrit par : Mariemarie | 31 mars 2006

BA > Mon épileptique est toujours à l'hosto, et au moins pour tout le week end. Cette fin de semaine fut plus calme du coup : un peit jeune unpeu perdu mis dehors en debut de semaine par sa mere, et un routard alcoolique (pour le coup, là, c'est vraiment la routine)

Mariemarie > non non, je crois pas que ce soit ça. Le plieur de fringues en question, c'est un demandeur d'asile éthiopien, il est un peu bizarre... et je pense plutôt qu'il était en fait terrorisé, vu que je n'ai plus de nouvelle de lui alors qu'il avait sa place au centre jusqu'à lundi!

Ecrit par : Lo | 31 mars 2006

par moment ton job ressemble à mon job... bienvenu dans mon monde

Ecrit par : Fa | 31 mars 2006

Ben, par contre, mon job à moi ne ressemble absolument pas au tien. Mis à part le fait que je suis au service des gens. En tout cas, chapeau ! Effectivement, si tu as besoin de vacances zouav'attitude, viens chez nous, on t'accueillera !

Ecrit par : Miss Poivert | 19 mai 2006

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